À chaque étape de la vie
À chaque étape de la vie
À tous les âges
Magazines
Aumôneries
Suivre une formation
Suivre une formation
Approfondir sa vie spirituelle
À chaque étape de la vie
À chaque étape de la vie
À tous les âges
Magazines
Aumôneries
Suivre une formation
Suivre une formation
Approfondir sa vie spirituelle

Chaque vendredi matin entre 7h15 et 7h45, un temps de silence partagé dans l'esprit du Carmel réunit à l'Espace Maurice Zundel quelques méditants.*
Puisse cette méditation de Jean-Daniel Loye nourrir également votre silence intérieur.
Vendredi 6 mars 2026
Dire moins pour faire entendre plus…
Par une double négation, évoquer le plus-que-parfait…
La figure de style de la litote traduit assez bien la manière de s’exprimer des auteurs du Carmel :
Pour dépeindre un Bien au-delà de ce qu’on est capable d’imaginer
pour expérimenter une Présence qui se situe au plus intime de notre être,
pour goûter à un Amour qui surpasse nos attentes.
pour ouvrir le désir à l’amplitude incommensurable de l’altérité de Dieu,
les auteurs du Carmel recourent à un langage de négativité renversée et à l’évocation en creux d’une plénitude.
Notamment Jean de la Croix insiste sur la nada pour sous-entendre le todo.
Il mise sur la retenue nocturne pour laisser librement advenir le grand jour.
Il se sert de la sobriété poétique pour ouvrir en nous un espace prêt à accueillir la grâce surabondante de Dieu.
L’expérience de l’oraison se situe dans cette même dynamique qui n’est pas un comblement de nos besoins de totalité, mais un évasement de notre désir sans cesse appelé à plus grand, à l’infini.
Le carême donne suite à cette intuition en nous invitant à nous retirer dans le silence du désert, à libérer en nous un espace désencombré où le trop plein de Dieu puisse s’épancher.
En hébreu, le désert midbar peut aussi être lu comme le lieu de la Parole, dabar, avec son suffixe de localisation mem :
le silence des dunes favorise alors un dialogue muet de cœur à cœur ;
le sentiment de manque se mue petit à petit en un haut lieu d’expérience d’une plénitude insoupçonnée.
Dans l’oraison se joue ainsi un étrange pari qui consiste à miser sur le moins pour faire place au plus, à consentir à la nuit pour qu’advienne la lumière, à faire silence, à dire moins pour entendre plus…
* méditation du matin tous les lundis, mercredis et vendredis de 7h15 à 7h45, suivie de la prière des laudes.
Partager sur :